Tant que les hommes produiront du jus

5 Hommes, 5 destins, ont accepté de se confier sur leur envie ou non de reproduction.

Conversations avec des hommes et leur spermato

model-1877208_1920

Source: Pixabay

Dans la belle mécanique qu’est la procréation, pour que Tant que les femmes auront un utérus existe, il faut l’inestimable et l’incontournable contribution des ces messieurs, pourvoyeurs et producteurs devant les dieux et les hommes, du nectar sacré, celui grâce auxquels il n’y aurait aucun enfant fait dans le dos, ou bébé éprouvette, ou encore désiré, abandonné: sans lequel, il n’y aurait aucun enfant tout court. Un nectar incontournable dont les plus farouches féministes ne peuvent se passer si elles veulent se reproduire.

Un nectar, qui comme l’utérus des femmes est l’enjeu de toutes les convoitises. Vous ne croyez pas ?

Laissez-moi vous dire comment:

Pour ne pas en perdre une goutte, on a créé des banques de sperme.

Mes soeurs ont même trouvé le moyen de récolter le précieux liquide pour s’assurer qu’il serve à son but ultime: procréer!

N’hésitez pas à allonger la liste si vous avez des cas pratiques.

De plus, quand on est un homme, il existe un cliché qui la plupart du temps, a la peau dure. A partir d’un certain âge, les hommes, eux aussi, font l’objet de pression venant de la famille, l’entourage. La responsabilité se substitue à l’horloge biologique chez eux et dès lors, aussitôt qu’ils ont le “Chèque”, il leur sera conseillé et souvent même IMPOSÉ de prendre femme et faire des enfants car l’avenir du NOM DE FAMILLE repose sur ses puissantes épaules de mâle reproducteur.

Mais dans cette course aux bébés à tout prix, quelle est la position des hommes, eux dont le jus est au cœur d’une bataille et d’une course à la reproduction.

5 Hommes, 5 destins, ont accepté de se confier sur leur envie ou non de reproduction.


« Je n’accorde que peu d’attention au chantage et autres pressions sociales »

5f6452242a4f2d028886bd0ad462890a

Source: Pinterest

Je n’ai jamais vraiment ressenti le besoin d’avoir des enfants ou d’en faire à un moment précis de ma vie, et c’est peut-être parce que ma famille, mes parents ne m’ont jamais mis la pression sur cet aspect, que ce soit ouvertement ou même de façon voilée. Mais de toute façon, je n’accorde que peu d’attention au chantage et autres pressions sociales. Aujourd’hui j’ai 3 garçons, et à vrai dire j’aurais aimé en avoir plus (5, pour être précis), mais d’autres contraintes m’obligent à m’arrêter là, car non seulement la décision d’avoir un enfant se prend à deux, mais aussi et surtout, un enfant c’est beaucoup de sacrifices, c’est de l’attention, du temps, etc.

Fotso Fokam

Administrateur des blogs Lepetitecolier, Edublog


« Aussi absurde que cela puisse paraître, et sans raison d’ailleurs, j’ai toujours imaginé que j’étais totalement stérile »

be0f1187373d1d809e7d0ee30d52de76

Source: Pinterest

La responsabilité, le devoir de donner une pérennité au nom de mon père, que dis-je, “un avenir à l’espèce” n’a jamais été un élément moteur dans mon comportement. J’ai toujours eu une relation assez distante avec mon sexe et par extension le sperme qu’il pouvait produire. Aussi absurde que cela puisse paraître, et sans raison d’ailleurs, j’ai toujours imaginé que j’étais totalement stéril. Une volonté inconsciente de ne pas me reproduire ? La peur d’endosser les responsabilités qui vont avec ? Je l’ignore encore, mais m’imaginant moi, cheveux blancs et petits-enfants sur les genoux relevait plus de la fantasmagorie qu’autre chose.

Mais le jour où j’ai tenu mon fils nouveau-né dans mes bras la première fois, mon esprit était submergé par cette phrase. Je l’entends d’ailleurs encore régulièrement dans ma tête quand je vois mes enfants: “C’est moi qui ai fait ça ?”. Et mon esprit mal tourné n’a pas manqué de me renvoyer à cette image de moi caché sous la couverture une vingtaine d’années plus tôt, découvrant mi-horrifié, mi-fasciné ce liquide transparent (il n’était pas encore laiteux) en partie visqueux dont l’éjection avait été provoquée un instant plus tôt par la vue de femmes nues dans un magazine érotique. J’étais loin d’imaginer à quel point cela pouvait affecter ma vie à l’époque, la bouleverser totalement. En grand solitaire, aimant passer des soirées interminables à lire, des nuits sans fin à regarder une série, j’ai dû m’habituer aux soirées de jeux en famille, aux séances de film d’animation, aux nuits à surveiller la fièvre… Cela me manque encore quelques fois de passer du temps seul. Mais un regard à mes enfants si vifs, si amusants apaise toujours cette soif-là. Un relent de mon instinct de conservation applaudit presque toujours: oui, c’est moi qui ai fait ça. Enfin, une partie du travail. Et ce n’est pas mal du tout.

Philippe


« Elle et moi nous le ferons, lorsque nous aurons décidé de nous-même et que nous aurons jugé que nous sommes véritablement prêts. »

nature-2576652_1920

Source: Pixabay

J’ai toujours eu un sourire en coin, lorsqu’il s’agit de parler de la pression qui, parfois, peut peser sur un homme (avec petit « h ») au sujet du mariage. Et qui dit mariage dit aussi reproduction, procréation : enfants. « Tu te maries quand ? As-tu une chérie ? Si oui, quand l’engrosseras-tu ? Si non, t’inquiètes, on trouvera une bonne pour toi ? Ton âge avance oh. Tu sais que la vie est courte. Ne traîne pas trop ». Et lorsque tu tentes de te défendre en ces termes : “Pour l’instant, je n’ai pas assez de ressources et un travail stable, j’attends un peu” ou “J’attends de me marier d’abord”. Et tu entendras parfois : “Tu veux avoir des millions avant de faire ton enfant ?” ou “Tu n’es pas obligé de te marier d’abord, certains l’ont fait avant de s’unir. Les réalités de la vie sont tout autre”. Ah ces pressions familiales, amicales, environnementales – africaines !…Tu vois tel membre de la famille – homme bien sûr, qui s’est marié ou soit un ami qui vient de concevoir un enfant avec sa compagne sans mariage.

Vous savez quoi ? Je rigole toujours devant tous ces pseudos pressions. Personnellement, je n’ai pas ou je dirai simplement que je ne vis pas directement ces pressions-là. Mais en tant que célibataire sans enfants, je vois dans les yeux et je lis sur le visage de ma mère que si je me marie et j’ai un enfant, ce sera sa plus grande joie ! La première fois que je lui ai présenté simplement sa future belle-fille, ses yeux se sont illuminés. Surtout qu’elle est dans la soixantaine maintenant. Donc comprenez ! La grande maman avec ses petits-enfants sortis de son Benjamin. Elle a souvent de ces tournures ou déclarations qui en disent long : « En tout cas, quand tu seras prêt, je souhaite que tu aies ta petite famille avec ta femme, et tes enfants. Pas de vie à gauche et à droite. Tu sais quand tu es jeune et que tu fais des enfants c’est plus intéressant ». Elle n’ose pas me le dire ouvertement peut-être par pudeur, par respect ou pour éviter de me mettre une certaine pression. Je suis son Benjamin c’est-à-dire son dernier parmi ces cinq enfants qui ont la plupart fait leurs enfants. C’est une bonne mère, et je l’adore énormément ! Elle le sait sûrement, qu’à part elle, toutes les pressions ici et là ne me font ni chaud ni froid. Lol. Même la mère de la future belle-fille de ma mère (Lol) fait autant. Ah ça ! C’est vraiment chaud ! Lol.

Ce qu’on ne sait peut-être pas ou ce qu’on ignore c’est que la pression plus chez la jeune fille au sujet du mariage retombe automatiquement sur son prétendant. Comment ? Eh bien, on sait tous que ce n’est pas la fille qui marie chez nous en Afrique, c’est l’homme ! Tant que l’homme n’est pas prêt à franchir le pas, la femme se doit d’attendre. C’est pareil pour la procréation, la femme toute seule ne peut pas enfanter, il faudrait que l’homme produise et injecte ce jus, ô si précieux, en elle. On réalise finalement que c’est l’homme qui subit plus, et doublement les pressions tant au niveau de sa famille, de son environnement qu’au niveau même de sa compagne.

En ce me concerne, je pense qu’on ne doit céder à aucune pression. Elle et moi, nous nous unissons chaque jour que Dieu fait pour faire face et fait bloque à toutes sortes de pressions. Ce n’est pas facile surtout chez nous en Afrique, en Côte d’Ivoire. Elle et moi nous le ferons, lorsque nous aurons décidé de nous-même et que nous aurons jugé que nous sommes véritablement prêts. Ce mariage que nous tisserons et ces enfants que nous concevons ne seront pas pour X ou Y. Ce sera notre engagement, certes entre nos familles respectivement mais prioritairement entre nous deux. On ne se lève pas du jour au lendemain pour se marier ou pour concevoir un enfant. Non ! Un mariage, un enfant, c’est un réel engagement et une responsabilité à assumer. Un enfant, ce n’est pas satisfaire ou montrer à qui que ce soit qu’on peut le faire aussi. Un enfant, ce n’est pas le fruit de quelques minutes de plaisir et de jouissance…Pour l’avenir proche ou lointain, c’est selon, je souhaite avoir une petite famille composée, au plus de trois enfants idéalement marié (minimum le mariage traditionnel) avec leur mère avant leur conception.

Benjamin

Administrateur du blog Pigistalement Vôtre


« A 35 piges, j’ai quelques réalisations à mon actif et pourtant aucune d’elle ne me réjouit autant que celle de la vie sur laquelle je veille et dont je suis en partie responsable. »

d73198416997c10d37ca3e8ee932f050

Source: Picassa

Je n’arrive pas à croire que, instinctivement, je ne trouve aucune réponse à cette question. Il faut admettre que personne ne m’avait posé cette question jusqu’alors et je dois avouer n’y avoir jamais pensé. Mon sperme n’est pas une ressource tangible, acquise ou héritée grâce à mon statut d’Homme; c’est quelque chose qui fait partie de moi, de mon être et qui me caractérise en tant qu’-h-omme; à l’opposé de mon cellulaire que j’ai décidé un jour de “posséder” pour ses atouts technologiques et que je peux “vider” et “rebooster” quand il commence à ramer.

……

Jusque-là mon sperme m’a permis, depuis la puberté, de prouver ma virilité à moi-même. Aujourd’hui, Dieu merci, je vis au quotidien, un bonheur qui s’est matérialisé grâce au concours de mon sperme et de son alliée du sexe opposé, l’ovocyte. Juste pour cette raison, je pense que je souhaite à mon sperme d’être de bonne qualité pour nourrir les millions de petits soldats lorsqu’ils seront appelés une énième fois à parcourir des nano-kilomètres.
Il est clair que je ne voudrai pas avoir un enfant à chaque fois que mon être sécrète du sperme. Même si je considère qu’il doit toujours répondre à son rôle dans le processus de procréation. La cellule familiale dans laquelle j’ai grandi ne m’a pas mis de pression pour avoir des enfants. Je me sens un peu libre là-dessus. C’est quelque chose qui est comme inné, acquis dès le plus jeune âge.

Tu vis, tu devrais, donner la vie un jour;
Tu es éduqué, tu devrais aussi éduquer un jour;
Tu es aimé, tu devrais aussi aimer un jour;

Personnellement, c’est un cycle de reconnaissance au Créateur, de transmission de valeurs et de savoirs, qui me convient. A 35 piges, j’ai quelques réalisations à mon actif et pourtant aucune d’elle ne me réjouit autant que celle de la vie sur laquelle je veille et dont je suis en partie responsable. Et c’est là que je veux féliciter mon sperme et l’encourager à participer, quand toutes les conditions sont réunies, à célébrer la vie, l’humanité et le Créateur.

Jo


 

man-1868730_1920

Pixabay

Commençons tout de suite par dire qu’être un homme gay dans une société qui ne comprend ni n’accepte l’homosexualité est déjà une pression non sollicitée, mais constamment subie. Si à cette pression, on ajoute celle de se marier et donc de se reproduire, on peut tout de suite penser que ça en fait trop. Comme tout jeune garçon curieux, j’ai découvert mon sperme par une journée ensoleillée de mes 12 ans, alors que je prenais une douche. Si cette expérience a rendu mes douches plus agréables, j’avoue qu’elle a également décuplé mon désir de m’accoupler. La toute première intention n’était donc pas d’utiliser mon sexe pour procréer, mais pour avoir/donner du plaisir – ceci n’est pas un texte érotique – L’idée du mariage et des enfants a toujours été présente dans mon esprit, néanmoins, je n’ai jamais vraiment lié cette envie à mon sperme, mais plus à une expérience qu’on vit à partir d’un certain âge. Ça faisait partie des choses qu’on fait quand on a à 30 ans, après avoir eu son Bac et son diplôme à l’université. Curieusement, la pression arrive quand on se rapproche de ces âges-là.

Pour ma part, j’avais de plus gros problèmes à régler. Comment être indépendant, comment réussir professionnellement, comment rester discret dans ma vie amoureuse non conforme. Si beaucoup choisissent de céder à la tentation de se marier pour « calmer » la famille, moi j’ai toujours voulu être un homme honnête quitte à décevoir certaines personnes. Pour cela, il faut du courage. Je n’en ai pas !

J’ai alors appris très tôt à détourner les conversations sur ma vie privée avec les membres de ma famille ou même avec mon entourage en général. Aux questions trop personnelles, je souris et je réponds : « Ça arrivera quand ça arrivera », « j’attends que mes aînés soient mariés », « je n’ai pas encore suffisamment d’argent pour m’entretenir moi-même ». Si ces réponses vagues ont le don d’énerver mes parents, elles me permettent de gagner du temps. Ce temps, je l’utilise pour situer ma place dans ce monde et l’accepter.

Est-ce que ma vie se résume à procréer ? Est-ce que me marier constitue une finalité en soi ? Est-ce que je peux être un homme heureux sans enfants et sans femme ? Autant de questions se bousculent dans mon esprit. Si à la première question, je réponds systématiquement non, aux deux autres, j’aimerais pouvoir dire oui sans sourciller, mais ce n’est pas aussi évident. Je pense que la procréation, bien qu’étant un élément essentiel de la survie de l’espèce humaine, n’est pas l’unique voie vers l’accomplissement de soi. Les hommes sont différents des animaux et le sexe n’a pas pour ultime but de se reproduire. À ceux qui discutent cette affirmation, je les renvoie aux propos de Chimamanda Adichie ( ‘Why can’t he just be like everyone else?) qui disait au sujet de la comparaison trop souvent faite entre les hommes et les animaux que « Nous ne pouvons pas réduire l’humanité de nos semblables, à cause de la manière et de la personne qu’ils aiment. Certains animaux se mangent entre eux, d’autres abandonnent leurs petits. Allons-nous suivre ces exemples aussi ? » Les animaux ne devraient pas nous servir de référence dans ce débat. Nous sommes plus que de simples êtres sexués.

Mon esprit rebelle a toujours essayé de faire le contraire de ce que la société africaine en général essaie de m’imposer. Le but de cette démarche est de faire comprendre à mon entourage que ma vie et mes choix ne regardent que moi. Quand on fait partie d’une minorité, on apprend vite que tout le monde n’est pas fait dans le même four et avec les mêmes ingrédients. Si nos sociétés traditionnelles ont eu tendance à nous formater en des milliers de personnes qui reproduisent les mêmes gestes au cours de leur vie, les sociétés modernes ont repoussé les limites de la normalité en admettant la notion d’individualité par opposition à la communauté. Ainsi, il devient normal d’être différent et de vouloir autre chose.

Ceci me conforte dans l’idée que mon sperme pourra me servir à me reproduire, uniquement si j’en ai l’occasion et la volonté, mais jamais parce que les autres pensent que je « devrais » le faire. Mon humanité, ma masculinité, ma sensibilité peuvent servir à beaucoup plus de choses que la seule perpétuation de l’espèce humaine. Mais ne vous méprenez pas, j’adorerai avoir des enfants, fonder une famille comme celle dans laquelle j’ai grandie. Mais, pour cela, la société devra encore évoluer un tout petit peu.

Jérôme


 

Je voudrais tout spécialement remercier les hommes qui m’ont accompagnée de près ou de loin. Cet exercice s’est révélé être plus périlleux pour vous que je ne l’aurais pensé; mais c’est avec bienveillance que vous vous y êtes prêté. Un seul mot en ressort JUSTESSE et je vous en suis reconnaissante.

Merci encore.

Si vous aussi souhaitez vous exprimer sur la question, envoyez-nous un email dyvah2002@gmail.com et c’est avec joie que nous le publieront. Hé ha, je parle déjà de moi à la première personne du pluriel: qui va se négliger?

Bien le bisou

Posted by Leyopar

  1. Très beaux témoignages, divers, vrais… bel article Sis!!!!

    Répondre

  2. Je ne vais pas mentir, c’est le titre qui m’a attirée. Mais je me suis rendue compte que tu m’as eue. Il est sérieux! Even better. Sujet sérieux et questions actuelles. J’aime

    Répondre

    1. krkrkrkrkrkrkrkr… mieux je ne parle pas

      Répondre

  3. […] prévu que je rédige la suite de “ Tant que les femmes auront un utérus » et à “Tant que les hommes produiront du jus”; deux articles d’une série de trois que je dois compléter. Allez savoir pourquoi mais j’ai […]

    Répondre

  4. […] vivons dans un monde où la destinée de votre jus et de notre utérus dépassent le domaine de la vie […]

    Répondre

  5. […] vivons dans un monde où la destinée de votre jus et de notre utérus dépassent le domaine de la vie […]

    Répondre

Laisser un commentaire