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Ma nouvelle vie à… Addis

Voici 9 mois que je ne vis plus au Sénégal. 9 mois que j’ai tourné la page à mon ancienne vie. 9 mois, d’une nouvelle vie où tout est à apprendre.

Étrangement, quand je quittais le Sénégal, je ne savais pas dans quoi je me lançais. De ce nouveau pays, je ne connaissais que les restaurants et autres hôtels dans lesquels je séjournais au détour de quelques missions. Autant je ne savais pas ce qui m’attendait, autant je n’avais pas peur. 

Les 14 ans passés au Sénégal doivent y être pour quelque chose. Quand j’y suis arrivée j’étais une ado, à la recherche de diplômes pour un plan de carrière qui je savais, serait le mieux. Au sénégal (oui l’emphase a sa place ici), d’étudiante, je suis passée à salariée. Au début, c’était sympa, mon premier contrat à 27 ans dans une ONG internationale dont le bureau au Sénégal (oui encore) était le siège régional pour l’Afrique de l’Ouest. De ces 14 années, j’ai glané des diplômes, et une expérience professionnelle. De ces 14 années avec 3 organisations internationales au compteur, j’ai appris que dans la liste des employés dans ces structures, il y a les uns et les autres…. et parfois les etc… oui ça existe et ca veut dire que vous êtes au bas de l’échelle. Au Sénégal, si vous êtes un étranger recruté localement, vous êtes considéré par le code du travail sénégalais comme un “Sénégalais”. Nul besoin de vous dire qu’ayant travaillé pour des organismes internationaux, je rêvais secrètement et très fort du jour où moi aussi je serai EXPAT – un jour un jour, Dieu ne dort, comme on dit au Cameroun. 

Et donc, me voici en Ethiopie. Camerounaise déployée hors des sentiers battus. Autant vous dire que de mon point de vue, pas grand chose n’a changé. OK, oui il y a des avantages qui vont avec le fait de déplacer un staff; cela va sans dire mais dans la vie de tous les jours, ma vie en Ethiopie est pratiquement la même qu’à Dakar et je vais vous dire pourquoi.

Je suis tombée dans le chaudron:

Pixabay

Oui chaudron, vous savez la grosse marmite pleine de choses étranges. Oui je suis tombée  en plein dedans. CAR…. pour cette nouvelle page de ma vie, me voilà débarquée dans un pays où on parle certes anglais, mais la langue la plus usitée est l’Amharique… Au Sénégal c’est le wolof plus que le français! Et Oui, j’ai donné, (rires)… Encore qu’ici personne ne fait de l’apprentissage de la langue locale un impératif catégorique. Et donc, j’ai donné et ici également. Oui, oui, et je ne vis plus un grand moment de solitude quand deux éthiopiens qui se rencontrent décident de communiquer dans la langue qui leur est commune. Ça ne me choque plus, ça ne m’émeut plus… et c’est l’opportunité pour moi de me concentrer sur ce livre que je dois terminer. Mais au fond, je me suis promis de m’y mettre car… c’est toujours drôle de prendre les gens au dépourvu quand ils réalisent que pendant tout ce temps vous compreniez mais que vous feignez d’être sourde. Je l’ai fait au Sénégal et à chaque fois, c’est HILARANT!

Comparaison n’est pas raison: 

Petite note personnelle: permettez que je vous rappelle que je parlerai souvent du Sénégal: même si je suis camerounaise, il est mon point de repère pour bien des choses. Oui je l’avoue.

Et donc, comparaison n’est pas raison. Après 14 ans au Sénégal, j’ai appris que si on ne veut pas passer sa vie dans le “passé”, il faut éviter de prendre pour repère son pays d’origine. Ca donne des maux de tête POUR RIEN et de plus, on vit dans une nostalgie qui vous torture à penser à ces choses moins chères chez vous. De plus, le Birr (ETB) est une monnaie forte; autant vous l’avouer j’achète seulement (et j’évite autant que possible de le dire) au Sénégal… les réalités ne sont pas les mêmes, les cultures non plus. Je suis en Ethiopie, j’étais au Sénégal et au Cameroun, c’est loin derrière moi. Cependant, parfois, pour ne pas dire TOUT LE TEMPS, je peste parce qu’il manque ci ou ça. Ou parce que ce mixeur plongeant coûte la peau des fesses. Oui parfois, il vaut mieux comparer et  quand on sait, on profite d’un voyage ou quand un.e ami.e peut vous ravitailler, pour s’approvisionner. 

Ma chère chaîne d’approvisionnement et arrêter de se plaindre :

Leyopar

Sans elle, je ne suis rien. Je ne suis pas spécialement fana d’articles du Sénégal ou du Cameroun, mais de temps en temps, j’aime me rappeler de là d’où je viens. Que serait un camerounais de la diaspora sans l’okok? J’ai dit okok mais vous pouvez remplacer par beaucoup de choses. Donc, que ce soit ici ou au Sénégal, je suis en mode, j’ai besoin d’un minimum syndical pour “survivre”. Oui, il s’agit de survie. Et cela a encore plus son sens ici en Ethiopie, tant la culture est à l’opposé de ce qu’on connaît en Afrique de l’Ouest et du Centre. Il faut profiter de ces opportunités dont on dispose; en Afrique, personne n’est pénalisée pour transporter des provisions car je crois, aux frontières, on est conscient que ce sont ces petites choses qui font de nous des Africains bon teint! C’est ainsi que je me suis retrouvée à acheter de l’huile de palme au Sénégal ou même encore des couverts parce que j’en ai eu l’opportunité, parce que j’ai le choix, mais aussi parce que se plaindre des manquements d’ici ne m’aideront pas à créer un microcosme dans lequel je me plais; seules les actions comptent.

Tissu social et la sécurité qui va avec:

Être expatriée n’est pas différent d’être exilée. Ok personne ne vous envoie au coin dans le trou du cul du monde. Mais cette idée de vide, de solitude et d’isolement est commun pour moi; ou du moins pendant les débuts. Pour ne rien arranger dans la vraie vie, faire de nouvelles rencontres rime avec SLOW MOTION mais en vrai. Je vis en recluse avec une routine très particulière: Bureau, Maison, dodo. A Dakar, vu que j’étais arrivée pour l’école, cela avait contribué à accélérer ma socialisation. A Addis, mis à part au bureau, je ne me suis pas faite de nouvelles relations. Et franchement pour vous dire la vérité, ça ne me dérange pas. Ma routine me plaît et même si je me permets quelques freestyles, je n’oublie pas que je suis étrangère ici. Cette réalité est un fait que je n’élude pas et ma vie doit s’y adapter. Après mon arrivée ici, 2 semaines plus tard, je suis allée à l’Ambassade du Cameroun pour les formalités d’usage. Il est important que mon “pays” sache que je suis là et dans quelles conditions et pour quelles raisons je me retrouve ici, on ne sait jamais!

S’installer mais quelle horreur:

Vous devez vous dire que je dérange, que s’installer quand on est expat c’est facile et qu’on n’a qu’à pointer tout ce que l’on désire. C’est vrai. Je ne vais pas vous démentir…. sauf qu’emménager dans un pays qui vous est TOTALEMENT ÉTRANGER n’est pas évident. Une fois de plus, je ne ferai pas la difficile. L’appartement dans lequel je vis a été choisi par mes collègues, pignon sur rue dans le centre ville d’Addis Abeba: premier étage, sécurité, parking sur 3 niveaux, ascenseur bien évidemment, etc. etc. J’ai détesté faire le tour des magasins et voir les mêmes choses: un goût prononcé pour le cossu et un amour extrême pour le rutilant. Découvrir que les usages en matière de livraison ne sont pas les mêmes qu’au Sénégal et que la livraison ne se fait pas chez vous (dans votre appartement) mais au bas de l’immeuble. Ce sont d’autres personnes qu’il faut payer à prix coûtant… vous me direz que c’est bon  pour la création d’emploi… Sauf que quand on va acheter un meuble, on s’attend à ce qu’il soit livré dans le salon ou la chambre; y a pas à négocier pour ça! 

InterNations, me sauvera; Plus de découvertes :

Je suis membre InterNations depuis 5 ans déjà. Une éternité j’en ai l’impression. Mais je n’ai vraiment jamais été active. Et pour cause, l’idée de faire de nouvelles rencontres me fige. Je suis comme tétanisée et à tous les coups, je reste dans mon coin. Pour éviter d’avoir à engager la discussion, je me suis résolue à ne pas me présenter aux activités au Sénégal. C’est du passé aujourd’hui. Je ne suis pas pour autant sociable. C’est juste que je me suis rendue à l’évidence: si je veux en voir du pays, il vaut mieux que je cherche des bons plans et je confesse le réseau social en regorge. Je promets de revenir très bientôt avec des focus sur les sorties que j’ai déjà faites. 

Et la vie de tous les jours

Monnaie- devise et conversion:

Source: Pixabay

Ca y est c’est fini. Ma vie en Francs CFA est bel et bien finie. Aujourd’hui, je vois la vie en Birr (ETB) 50% du temps et le reste du temps c’est XOF et USD. Je suis TOUJOURS en mode conversion dans la tête car, si on ne fait pas attention, on perd très le sens des « réalités »

Ecole des enfants:

Source: Internet

J’avais commencé à me renseigner quand j’ai su que je quitterais le Sénégal. De recherches en recherches, je suis tombée sur des articles qui parlaient des écoles à Addis. Dieu merci, ce n’est pas ça qui manque. Et j’ai fait mon choix. Après quoi, notre lieu de vie dans l’idéal doit se trouver à mi chemin entre le boulot et l’école;  dans le meilleur des cas. Sinon, comme me disait une amie passée experte dans l’expatriation, tu choisis d’abord l’école et tu cherches ton lieu de résidence dans les environs. Dans mon cas, je suis bien chanceuse: l’école et le boulot ne sont pas loin de la maison. 

Pour ce qui est des coûts: les écoles à Addis ne sont pas données. Vous me direz et à raison qu’il doit y en avoir d’abordables et je vous donnerai raison. Sauf que quand on est expat, le suivi scolaire des enfants ne se limitent plus au simple “évidemment”. Dans un pays comme l’Ethiopie, où le système scolaire est différent de ce que je connais au Sénégal et au Cameroun, il faut s’assurer que si je viens à partir, mes enfants ne seront pas pénalisés. C’est là qu’entrent en jeu les écoles de droit étranger: il y a le lycée français, l’école internationale et j’en oublie encore…. L’avantage ici est que, où que vous irez, si ces écoles s’y trouvent, vos enfants y accèderont sans test AUCUN et continueront leur cursus sans interruption: vive le label! Par contre, comme je le disais, ce n’est pas donné; il faut compter entre 10000 et 25000 $ par an et par enfant. 

Le décalage horaire:

Pixabay

RIEN à voir avec la capacité du corps à se remettre d’un changement de fuseau horaire. Quoique permettez que je vous en parle. Ça m’a pris 3 mois sinon plus pour m’y faire. L’Ethiopie ayant 3h d’avance sur le Sénégal, j’avais l’impression tout le temps que 3h de temps m’échappaient: “genre” il manquait 3 heures à mes journées et je peux vous dire que NON, ce n’est pas drôle.

Ce qui l’est encore moins, c’est quand vous devez appeler vos proches: vous devez réfléchir à quelle heure il fait, à combien d’heures de décalage y a t il entre vous et votre interlocuteur. Ceci me fait penser à cette période où j’étais encore au Sénégal. Mon employeur parfois appelait à 6h du matin et moi j’étais en mode WHY? 6h à Dakar = 9h Addis.

Bref, comme me disait ma soeur, le décalage horaire est un facteur handicapant et peut éloigner les proches. Personnellement, à GMT+3, j’ai fort à faire pour maintenir les liens. Quand certains dorment, moi j’entame ma journée, et quand ils sont disponibles, moi, je termine ma journée. Merci WhatsApp, ce truc a révolutionné nos vies. Vous vous imaginez si nous n’avions pas ça? Je peux vous garantir que l’on se sentirait encore plus isolé et la famille et les proches eux crieraient à l’abandon… Et pourtant… ceci n’est que le fait du décalage… Si moi je fais du jonglage à 3 heures, je m’imagine même pas ceux qui sont à GMT+10 et autres. Disons merci seulement à WhatsApp c’est plus simple: il rapproche les cœurs et les âmes. Bon j’exagère mais c’est tout comme!

Tomber malade:

Leyopar

Dès mon arrivée à Addis, l’une de mes hantises a été la gestion de la maladie. Non pas que ça me manquait ou que je l’attendais. Mais, que l’on vive à l’étranger ou pas, il est important de se prémunir : un malheur est si vite arrivé. En plus, j’ai des enfants en bas âge. Je me suis renseignée et ce n’est pas aussi évident qu’on le croit. La maman que je suis a beaucoup prié. Beaucoup, Beaucoup. Et puis, il y a les pharmacies! Sauf que les médicaments ne sont à 95% pas les mêmes et que parfois le pharmacien n’est pas le meilleur des conseillers. Après deux ou trois voyages, j’ai dû me constituer une pharmacie avec des produits dont  je connais l’usage et les effets.

Et donc, je suis tombée malade, cela devait finir par arriver. 9 mois plus tard, ça devait arriver et je suis reconnaissante que ce soit arrivé….. mais si tard. Car cela m’a laissé le temps de chercher et de trouver une clinique qui répond à mes aspirations. Une amie m’avait parlé d’une clinique et de ce que les gens en parlaient en bien. VENI – VIDI – AMAVI. Le cadre est sympa et le personnel est aimable….

Donc, Addis et santé c’est réglé et le côté cool vous savez c’est quoi? Ils ont un service pédiatrique…. Avé 

PROCHAINEMENT

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