J'ai lu La tresse de Laetitia Colombani

Les femmes, leur destin et leur destinée (ce qu’elles en font) sont au cœur de ce roman. Même si leurs univers sont différents, à un moment on s’identifie aux trois; à un moment, on se sent entraîné et on vit leur histoire. Des histoires de femmes, braves, courageuses; battantes, décidées à s’en sortir.

Il y a des livres qui vous touchent par leur côté inattendu et La tresse en fait partie.

 

Si vous avez l’impression que je le dis pour tous les livres dont j’ai fait la revue, c’est peut-être parce que je ne fais que la revue de livres qui m’ont touchée; autrement ce n’est pas la peine.

Je disais que La tresse de Laetitia Colombani m’a émue au plus haut point. Si au début j’ai eu de la peine à me lancer dans sa lettre, très vite les problématiques au coeur de cet ouvrage ont vite eu raison de moi et ont fini de par me plaire.

Le livre traite de condition des femmes sous certains cieux. La mise en scène est GÉNIALISSIME! (oui, quand j’aime, je hyperbole ) et c’est PEU DIRE.

3 femmes sur 3 continents différents que TOUT OPPOSE mais dont les DESTINS SONT LIÉS.

Les femmes, leur destin et leur destinée (ce qu’elles en font) sont au cœur de ce livre. Même si leurs univers sont différents, à un moment on s’identifie aux trois; à un moment, on se sent entraîné et on vit leur histoire. Des histoires de femmes, braves, courageuses; battantes, décidées à s’en sortir. Des femmes qui vivent dans des mondes opposés et dans lesquels des plafonds existent quand on naît femme ou de certaines conditions. Mais qu’est ce donc des plafonds si ce n’est des constructions qui peuvent être éclatées, détruites, etc. Des femmes qui refusent de se laisser abattre et qui contre vents et marées, ont décidé de conjurer leur sort. Non, elles ne seront pas spectatrices de leur destin.

Smita est Indienne en Inde, elle est INTOUCHABLE, son quotidien se résume à nettoyer, vider et des ses mains ramasser la m**** des privilégiés, de ceux qui contrairement à elle, n’ont pas eu le malheur de naître/ d’appartenir au mauvais groupe. Smita, “Elle n’est pas seulement INTOUCHABLE mais elle doit aussi être INVISIBLE”. Elle n’est pas d’accord, mais elle s’y est faite. Mais, pour sa fille, elle rêve d’un autre avenir. Loin de la réalité de son mari et elle, leur fille doit être instruite pour échapper à cette vie de misère, d’inhumanité avec un travail déshumanisant avec pour seul salaire des haillons et des restes de repas jetés à même le sol, quand salaire il y a. Smita se bat pour sa fille, se bat contre les conventions et le statut quo d’une vie sans réelle perspective si ce n’est celle d’une existence misérablement pauvre à vivre à la “périphérie de l’humanité”

 

En Silice, Italie, Giulia, fille unique d’une famille italienne, travaille dans l’atelier de son père; jusqu’au jour à la suite d’un accident, il est incapacitant, incapable de sortir de son lit. Après la tristesse et la détresse, le retour à la réalité se fait violent, elle doit succéder à son père. Chemin faisant, elle découvre que l’affaire est en faillite. Les comptes sont au rouge et si elle veut maintenir l’affaire familiale, il y a des décisions à prendre. Elle souffre de devoir “libérer” le personnel qui l’a vu grandir et qui fait comme partie des membres de sa famille; des femmes braves et qui travaillent dur…. Etre patron, c’est aussi ça: savoir prendre LES décisions quoi qu’il en coûte, se séparer de vaillants collègues ou avoir le courage de changer de cap et de l’imposer à la “MAMA”. Oui avoir le dos au mur et assumer ses responsabilités.

Sarah est avocate associée au Canada. Elle a travaillé dur pour en arriver là; c’est la première femme à s’être hissée à ce rang dans le cabinet où elle travaille, elle fait partie des valeurs sûres. Elle est divorcée et mère célibataire et ses enfants, encadrés par un majordome passent au second plan. Elle aime ses enfants, mais quand on est une femme et que l’on aspire à grand, trop grand, que l’on est ambitieuse, on ne doit pas s’ “encombrer” de ses enfants. Le pédiatre est une excuse qui n’a pas de raison d’être; c’est comme ça.

Ecoutez à ce sujet mon échange avec Luc Hervé Zok, RH Manager, sur la question Femmes: RH et carrière.

 

Elle a dédié sa vie à son boulot, gommant du bureau les cadres photos représentant la famille unie, joyeuse. Oui, quand on est femme et mère, il faut savoir taire la mère pour avancer. De ce travail intensif, de cette dévotion sans partage, de cette niaque qui FORCE le respect, bientôt elle sera promue…. Mais elle tombe malade, elle sentait bien les prémices, ces symptômes annonciateurs d’une violente tempête qu’elle a ignorés. c’était plus commode: THE SHOW MUST GO ON. Sauf qu’en plein tribunal, elle s’effondre…. et ainsi commence une longue traversée du désert. Tout commence par la sentence: Sarah a un CANCER…. Elle fait tout pour le taire…. mais, hélas, cela se fait savoir. Elle est morte professionnellement avant même que sa mort physique ne soit constatée.

Mais, il n’en sera pas ainsi, elle va se battre pour rester debout… pour exister… pour dire JE NE SUIS PAS MORTE, alors ne m’enterrez pas!

Voilà comment des destins se lient, dans le malheur et le désespoir. Mais comment me direz-vous? La réponse est dans le titre… OUPS, j’ai spoilé… mais c’était aussi le but de l’exercice…

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La tresse est selon mon dico, une manière d’assembler par entrelacement des cheveux, des fils ou faisceaux de fils. Ici, il est question de cheveux. Cheveux, “signe extérieur de féminité” pour le commun des mortels ( notez les guillemets et merci de ne pas vous acharner), merci d’avance, cordialement…

Avant de terminer je voudrais juste préciser qu’au delà de la trame de l’histoire qui est très attachante, le livre par de condition féminine en général; oui, je sais, je l’ai déjà dit. La charge est partout sur la femme.

La tresse aborde le féminicide, il parle aussi de la situation des veuves. A propos de cela, je pensais à tort que le sort des veuves est triste uniquement au Cameroun; mais, j’ai appris grâce au livre qu’il ne fait pas bon être en Inde. Une fois leur conjoint mort, leur vie n’est que pleurs et grincements de dents. Elles sont lapidées, mises au banc de la société, marginalisées et bannies.

L’estime de soi… Se sent on encore femme quand la maladie nous ronge, teint blafard, des cheveux qui tombent par poignée, quel regard a-t-on sur nous en tant que femme?

Je vous en ai trop dit je crois… Je vous invite à lire ce livre…

 

 

 

Posted by Leyopar

  1. Hello, super review. Je t’ai nominée pour Liebster Awards, lis mon dernier article pour découvrir les questions à répondre! xo

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